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Journal de lutte et d'alternative anarchiste

La complainte de Oin-Oin dit Bardella

Photo du rédacteur: Contre-Courant
Contre-Courant
il y a 2 heures
3 min de lecture





Nom d’une pipe en bois ! V’là qu’le petit Jordan est dans l’pétrin jusqu’aux oreilles, et qu’il nous fait maintenant le coup du pauvre agneau qu’on voudrait égorger politiquement ! Faut dire qu’les copains de chez Mediapart sont allés fouiller dans les vieilles casseroles du garçon. Et pas dans celles où mijotait une soupe bien républicaine, hein ! Dans les gamelles du temps où le Bardella, encore tout jeunot au Front national, causait sur les réseaux et balançait, d’après l’enquête, des saloperies antisémites à faire pâlir un vieux briscard de la boutique nationaliste.


Les journaleux ont retrouvé des échanges de 2013 à 2015. Des histoires de banques prétendument aux mains des Juifs, de domination mondiale et autres vieilles rengaines complotardes qui sentent moins la pensée politique que le fond de poubelle de l’antisémitisme. Mediapart affirme avoir fait authentifier les échanges et les avoir recoupés avec des témoignages. Et là, patatras ! Notre Bardella se découvre une vocation de martyr. « Faux grossiers ! », qu’il braille. « Guerre totale ! », qu’il éructe. « On veut m’abattre politiquement ! »


Ah ben oui, mon garçon ! Quand on ressort tes vieux écrits, c’est pas forcément une tentative d’assassinat : ça peut aussi s'appeler lire les archives. Mais faut comprendre le pauvre petit.

Pendant des années, le RN nous a vendu la grande lessive : fini les vieux relents, fini les casseroles, fini les histoires qui puent. On avait repeint la devanture, changé l’enseigne, sorti les costumes propres et expliqué au populo que, juré-craché, la boutique était devenue fréquentable.


Et voilà que Mediapart pousse la porte de l’arrière-boutique. Et qu’est-ce qu’on trouve ? Des vieux cartons. Des vieilles ficelles. Et, selon l’enquête, les vieux démons qui causent encore bien fort dans le grenier.

Alors forcément, ça couine. Ça ouine. Ça gémit. Ça parle de « manipulation », de « barbouzerie », d’opération montée de toutes pièces. Faudrait surtout pas regarder les messages, hein ! Surtout pas demander qui les a écrits, quand, dans quel contexte, et pourquoi. Non ! Le plus urgent, c’est de chercher le complot autour du complot.


C’est admirable, cette mécanique. Quand le populo crève de fin de mois, faut lui expliquer que les responsables sont les étrangers. Quand les puissants se gavent, faut lui expliquer que c’est la faute des immigrés. Et quand les vieux écrits ressortent, faut lui expliquer que c’est la faute de Mediapart. Toujours quelqu’un d’autre. Jamais le miroir.

Alors, Bardella Oin-Oin, faut pas nous faire le coup du bambin qui découvre qu’Internet a de la mémoire. Nous autres, les anarchos, on n’a jamais beaucoup aimé les grands chefs, les petits chefs, les chefs en costume, les chefs en cravate et encore moins les apprentis chefs qui rêvent de mettre tout le monde au garde-à-vous. Et quand ces messieurs viennent nous expliquer qu’ils veulent défendre le peuple tout en trimballant les vieilles recettes de la haine et du bouc émissaire, on a comme une envie de leur rappeler une chose : Le peuple n’a pas besoin d’un berger.


Et surtout pas d’un berger qui, quand on lui montre ses propres vieilles brebis, se met à bêler plus fort que tout le troupeau.

Alors, Bardella Oin-Oin, sèche tes larmes, range ton mouchoir et respire un bon coup. Si les accusations de Mediapart sont fausses, que les faits soient établis et que les preuves soient examinées.

Mais si elles sont authentiques, faudra pas nous jouer la grande scène du « on m’en veut parce que je dérange ».

 
 
 

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