Jeunesse en lutte : contre la répression, la précarité et les violences d'État


Le Bourbonnais anarchiste réaffirme sa solidarité avec la jeunesse lycéenne, étudiante et, plus largement, avec toutes celles et ceux qui refusent la précarité, les injustices sociales et la répression.
Depuis trop longtemps, on demande à la jeunesse de se taire, d'obéir et d'accepter.
Accepter la précarité.Accepter les difficultés à se loger.Accepter la dégradation de l'école et de l'université.Accepter les restrictions qui touchent les prestations sociales, notamment les APL.Accepter des études et un avenir toujours plus précaires.
Et lorsque la jeunesse descend dans la rue pour exprimer sa colère et défendre ses revendications, la réponse est trop souvent la répression.
Une jeunesse criminalisée
Nous refusons que des lycéennes et des lycéens, parfois âgés de 13, 14, 15 ou 16 ans, soient traités comme des ennemis parce qu'ils manifestent.
Nous refusons les violences, les blessures et les mutilations infligées à des personnes mobilisées. Nous refusons qu'un jeune puisse être gravement blessé lors d'une manifestation parce qu'il a choisi de descendre dans la rue pour exprimer sa colère.
Dans la perspective anarchiste, cette question ne peut pas être séparée d'une critique plus générale de l'État et de ses institutions coercitives. La police n'est pas considérée comme un arbitre social neutre : l'anarchisme analyse historiquement l'institution policière comme l'un des instruments permettant de maintenir l'ordre établi, la propriété et les rapports de pouvoir existants.
Cette critique porte sur la fonction de l'institution, et non sur une prétendue identité morale de chaque individu qui la compose.
Une poubelle brûlée n'est pas une excuse pour réprimer une jeunesse entière
Il faut également parler du traitement médiatique des mobilisations.
Combien de fois entend-on ou lit-on :
« Un bus a été bloqué. »« Une poubelle a été brûlée. »« Deux poubelles ont été incendiées. »« Trois poubelles ont brûlé. »« Un abribus a été dégradé. »
Et immédiatement, le mot « violence » est brandi pour qualifier l'ensemble d'une mobilisation.
Les médias, qu'ils soient publics ou privés, peuvent ainsi contribuer à concentrer le débat sur quelques images spectaculaires de dégradations et à faire disparaître du récit les revendications sociales portées par les manifestants.
Pour le Bourbonnais anarchiste, cette présentation est profondément problématique.
Ce n'est pas parce qu'une poubelle est brûlée qu'il faut frapper un jeune.
Ce n'est pas parce que deux ou trois poubelles brûlent qu'il faut casser le crâne de jeunes manifestants.
Ce n'est pas parce qu'un abribus est dégradé qu'il faut mutiler, blesser ou gravement atteindre physiquement une personne.
Un mobilier urbain se remplace. Une vitre se change. Un abribus se répare.
Un corps humain, lui, ne se répare pas toujours.
Une blessure grave peut laisser des séquelles à vie. Une mutilation ne disparaît pas parce qu'un reportage télévisé passe à autre chose.
Il faut donc refuser l'amalgame entre dégradation matérielle et violence exercée contre des personnes.
Cela ne signifie pas qu'il faille approuver chaque acte commis dans une manifestation. Cela signifie qu'aucune poubelle, aucun abribus et aucun bien matériel ne devrait être présenté comme une justification automatique à une répression physique contre toute une mobilisation.
Une dégradation matérielle ne peut pas servir de permis de frapper.
Pendant ce temps, on demande aux jeunes de faire des sacrifices
On explique à la jeunesse qu'il faut économiser.
On réduit ou remet en cause des aides indispensables.
On parle des APL, du coût des études, du logement, des services publics et de la précarité.
On demande aux jeunes et aux classes populaires de faire toujours davantage de sacrifices.
Mais dans le même temps, les aides publiques aux entreprises représentent des montants considérables.
Ce n'est pas simplement une affirmation militante : une commission d'enquête du Sénat a estimé qu'en 2023, les aides publiques aux entreprises atteignaient au moins 211 milliards d'euros au sens large, selon un périmètre comprenant notamment différentes aides financières, dépenses fiscales, allègements de cotisations sociales et subventions.
Le Sénat apporte lui-même des nuances selon les périmètres retenus. Mais le débat demeure :
quelles sont les priorités budgétaires et sociales, et qui supporte le poids des sacrifices ?
C'est cette question que la jeunesse pose également lorsqu'elle manifeste.
La jeunesse a le droit de se mobiliser
Le Bourbonnais anarchiste se place, conformément à sa tradition politique, du côté de celles et ceux qui contestent la précarité, les inégalités, l'exploitation et les formes de domination.
Les revendications concernant l'éducation, le logement, les prestations sociales, les salaires, les services publics et les conditions de vie doivent pouvoir être portées publiquement.
Les lycéennes et les lycéens ont le droit de s'organiser.
Les étudiantes et les étudiants ont le droit de s'organiser.
La jeunesse a le droit de manifester, de faire grève et de contester les décisions qui déterminent son avenir.
Et aucune mobilisation ne devrait être réduite à une poubelle en feu, à un abribus cassé ou à quelques images spectaculaires diffusées en boucle.
Derrière ces images, il y a des revendications.
Derrière ces manifestations, il y a une génération qui parle de son avenir.
Et derrière chaque intervention policière, il y a aussi une question qui doit être posée : quelle réponse apporte-t-on à une jeunesse qui revendique ? Le dialogue et les droits, ou la répression ?
Pour le Bourbonnais anarchiste, la solidarité avec la jeunesse passe par le refus de sa criminalisation et par la dénonciation des violences policières.
Une poubelle se remplace. Un abribus se répare. Une vitre se change.
Un jeune mutilé, blessé ou traumatisé peut en porter les conséquences toute sa vie.
C'est pourquoi aucune dégradation matérielle ne saurait justifier la violence exercée contre des personnes.
Solidarité avec les lycéennes et les lycéens.Solidarité avec les étudiantes et les étudiants.Solidarité avec la jeunesse précarisée.Solidarité avec les victimes de violences policières.
Contre la répression.Contre la précarité.Contre la criminalisation des mouvements sociaux.Pour la liberté de manifester, de s'organiser et de revendiquer.
Le Bourbonnais anarchiste



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